Cher Nicolas,

Vous connaissez sans doute Le Fil de l’ÉpĂ©e.

Dans ce texte assez court, De Gaulle ne parle pas seulement de guerre. Il parle de stratĂ©gie, de constance et de la force de l’idĂ©e juste, qui finit toujours par l’emporter — mĂȘme quand tout conspire Ă  la faire taire.

Il nous donne une leçon absolue de stratégie. Bien avant que l'Histoire ne lui donne l'occasion de porter un "avenir désirable", ce alors-encore-petitement-gradé nous montre un horizon et dessine une route pour y arriver. Audace ? Arrogance ? Non. Vision. Détermination. Courage. De Gaulle va jusqu'à faire référence à l'intuition telle que la définit Bergson, ami de la famille.

Pour De Gaulle, il faut, dans la défaite apparente, garder la certitude de la victoire, non par optimisme béat mais par lucidité stratégique.

Il rappelle que l’Histoire ne se dĂ©cide pas dans les improvisations de derniĂšre heure, mais dans la prĂ©paration patiente, mĂ©thodique, de ceux qui tiennent la ligne.

Je crois que nous vivons aujourd’hui, vis-a-vis de la durabilitĂ©, dont la mobilitĂ© est un des champs majeurs d'application, le mĂȘme moment qu’il dĂ©crivait pour garantir, en 1932, la libertĂ© de la France :

– Les arguments sont lĂ , mais encore Ă©touffĂ©s par le vacarme des solutions faciles.

– Les preuves Ă©conomiques existent, mais elles se heurtent Ă  l’inertie des habitudes industrielles.

– La rĂ©alitĂ© Ă©cologique frappe Ă  la porte, mais on continue d’arroser de subventions des filiĂšres condamnĂ©es par les faits.

Et pourtant, comme De Gaulle le "saura" plus tard pour la libération, je "sais" que la victoire viendra : celle de véhicules sobres, durables, réparables, produits prÚs de ceux qui les utilisent.

Pas pour satisfaire un caprice idĂ©ologique, mais parce que l’économie, l’écologie et la souverainetĂ© industrielle convergent inexorablement vers ce modĂšle.

Je suis, de cette cause, un soldat.

Et j’invite chacun — vous y compris — Ă  relire Le Fil de l’ÉpĂ©e comme un guide : non pour y chercher des recettes, mais pour comprendre que la victoire appartient Ă  ceux qui regardent, apprennent, se construisent une vision, tiennent bon et prĂ©parent l’aprĂšs, mĂȘme si la masse regarde alors ailleurs.

Et puisque vous avez pris quelques jours de repos cet Ă©tĂ©, imaginez un instant la scĂšne : Le Fil de l’ÉpĂ©e dans une main, les doigts de pieds en Ă©ventail sur le sable, le clapotis des vagues en fond sonore
 Une nourriture pour l’esprit qui ne gĂąchera pas vos vacances et qui vous donnera peut-ĂȘtre, Ă  la rentrĂ©e, l’envie d’ĂȘtre encore plus juste dans vos dĂ©cisions — et pourquoi pas, dans vos combats.

Alors, oui, j'adhĂšre Ă  l'idĂ©e du grand Charles selon laquelle toutes les batailles peuvent ĂȘtre perdues, sauf la derniĂšre.

Bien Ă  vous,

Franck

Si vous souhaitez lire en ligne cet ouvrage, il peut ĂȘtre sconsultĂ© sur le merveilleux "Internet Archive", ici.

A conseiller aussi : profiter d'une période de calme pour suivre le passionnant et trÚs inspirant cours Sator de Vincent DESPORTES sur "L'Art de la Stratégie".

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